La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé, à l’immeuble du Gouvernement, une réunion stratégique de haut niveau consacrée à l’évolution de la situation humanitaire, sécuritaire et institutionnelle dans la ville d’Uvira, province du Sud-Kivu, après les atrocités y perpétrées par l’armée rwandaise et ses alliés de l’AFC-M23.
Alors que la journée a été déclarée chômée, la Cheffe du Gouvernement a tenu à réunir en urgence les principales parties prenantes de l’État, traduisant ainsi la primauté des impératifs nationaux et la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée à la crise.
Étaient présents à cette rencontre le Vice-premier Ministre en charge de la Défense nationale, le Ministre de la Formation Professionnelle assurant l’intérim du Ministre de la Justice, le Ministre des Finances, le Ministre de la Communication et Médias, le Ministre délégué près le Ministre des Affaires étrangères en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise ainsi que le Vice-ministre des Affaires coutumières, représentant le Vice-premier Ministre en charge de l’Intérieur.
Outre les membres du Gouvernement, la réunion a également connu la présence des experts de plusieurs ministères concernés et de services spécialisés de l’État, notamment la Direction générale de migration (DGM), les services de sécurité et les experts humanitaires.
Selon le Ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, cette rencontre constitue la première d’une longue série destinée à faire le point sur les actions à mener à court et moyen termes sous la coordination directe de la Première Ministre.
Les échanges ont porté en priorité sur la situation humanitaire et sécuritaire à Uvira. Le Gouvernement a insisté sur le fait qu’il ne suffit pas d’annoncer un retrait, mais qu’il est impératif de s’assurer de la réinstallation effective et progressive de tous les services de l’État, la ville demeurant encore infiltrée.
Il a précisé que cette réinstallation ne peut intervenir qu’après l’établissement d’un périmètre de sécurité solide par les FARDC et la sécurisation de la ville par la PNC, y compris dans les zones périphériques d’Uvira.
Le porte-parole du Gouvernement a ajouté que le retour du Gouverneur et des autorités provinciales interviendra dès que les conditions sécuritaires seront réunies, afin de garantir une restauration durable de l’autorité de l’État.
La situation humanitaire a occupé une place centrale dans les discussions. L’on dénombre 267 000 réfugiés et déplacés dont 12 000 enfants non accompagnés.
La présence de la DGM, des ministères de l’Intérieur et des Affaires sociales visait à préparer les conditions concrètes de ce retour, notamment la réhabilitation rapide des services frontaliers et l’évaluation de l’état des habitations, plusieurs ayant été détruites ou occupées.
Le Gouvernement a souligné qu’aucun retour massif ne sera autorisé sans évaluations préalables, afin d’éviter de nouvelles vulnérabilités pour les populations concernées.
Sous l’impulsion de la Première Ministre, la réunion a également abordé la question de la justice et de la lutte contre l’impunité. Des crimes graves commis à Uvira devront faire l’objet de sanctions judiciaires, afin d’empêcher la répétition de violences similaires dans le futur.
Le Gouvernement a par ailleurs salué le patriotisme des communautés locales, qui ont refusé toute tentative d’instrumentalisation et appelé à la préservation de la cohésion sociale. Un message clair a été réitéré : éviter toute stigmatisation communautaire et fermer toute brèche pouvant être exploitée par l’ennemi.
Cette réunion marque le point de départ d’une dynamique gouvernementale structurée, articulée autour d’actions humanitaires, sécuritaires, et judiciaires, visant à restaurer durablement l’autorité de l’État à Uvira, protéger les civils et garantir un retour progressif à la stabilité.
CELCOM PRIMATURE
