Les agents et cadres de santé de la province du Kasaï observent une grève sèche dans toutes les structures sanitaires depuis le 19 mars. Cette situation commence déjà à produire des effets préoccupants. Plusieurs cas de décès ont été enregistrés, tandis que des accouchements se déroulent désormais à domicile faute de prise en charge médicale.
S’exprimant devant la presse mmercredi 25 mars, la secrétaire exécutive provinciale de l’Union congolaise des associations des personnes vivant avec le VIH/Sida (UCOP+), Adèle Kabedi, a alerté sur les conséquences de ce mouvement de grève.
Selon elle, plus de 7 000 personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH) sont actuellement privées d’antirétroviraux (ARV).
« Je lance un cri d’alarme : plus de 7 000 personnes vivant avec le VIH/Sida sont en danger. Aucune structure sanitaire n’est opérationnelle pour assurer la distribution des ARV. La grève sèche décrétée par les professionnels de santé fait qu’aucun infirmier n’est disponible pour nous servir », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné que la vie de milliers de personnes atteintes de tuberculose est menacée par cette paralysie du système de santé. Face à cette situation, Adèle Kabedi appelle à une intervention urgente des autorités provinciales afin de rétablir les services essentiels.
De son côté, l’intersyndicale de la santé affirme que depuis le début de la grève, plus de 30 décès ont déjà été enregistrés. La crise a également conduit à au moins 38 accouchements à domicile. Les grévistes ont déclenché ce mouvement de grève sèche pour une durée de 30 jours afin d’exiger le paiement de sept mois d’arriérés de salaires.
Adonis Mbuyi/Correspondant Tshikapa
