Dans les rues parfois imprévisibles de Lubumbashi, il arrive qu’une femme prenne le volant et, avec lui, le contrôle de son destin. Noella Mpanga est de celles -là. Chauffeure de taxi, mère célibataire de quatre enfants, elle a fait de ce métier souvent regardé avec préjugés un véritable levier d’émancipation.
C’est en plein exercice de son métier, lors d’une course à Lubumbashi, que Ruth Kutemba, correspondante de la Radio de la Femme, la rencontre. Impressionnée par la qualité de son travail, son professionnalisme et sa maîtrise du véhicule, la journaliste saisit l’occasion pour engager la conversation et réaliser cet entretien, directement sur le terrain, là où Noella construit chaque jour son autonomie.
« Je m’appelle Noella Mpanga. J’ai la charge de mes enfants. Comme je n’avais rien d’autre à faire comme activité, j’ai choisi ce métier de chauffeur.», confie-t-elle.
Noella Mpanga débute comme chauffeure de taxi au sein de la société Vert-Vert. Avant de s’installer derrière le volant, elle se forme pendant une durée de trois mois à l’Institut National de Préparation Professionnelle(INPP), de Lubumbashi parce que pour elle, le travail mérite rigueur et respect.
Diplômée de l’Institut Lubibi à Kamina, dans le Haut-Lomami, elle ne considère jamais son parcours comme un hasard. Chaque journée est différente. Certaines sont bonnes, d’autres plus difficiles. Mais le défi est constant.
Un milieu où il faut souvent faire ses preuves deux fois plus, rester vigilante, garder la tête froide. Parfois, le risque est réel, surtout lorsqu’elle transporte des clients aux profils variés. Alors, elle s’appuie sur ce qui la guide : la foi, la discipline et le professionnalisme.
Épargner, bâtir, avancer
Ce qui rend Noella particulièrement fière, ce n’est pas seulement de travailler, mais d’avoir transformé son travail en projet de vie lui rendant femme autonome.
Grâce à son salaire mensuel, elle épargne, pour notamment payer la scolarité de ses enfants, se procurer son propre véhicule de taxi et une parcelle pour la construction de son habitation.
Après quatre années passées à la société Vert-Vert, Noella devient indépendante. Elle n’est plus seulement chauffeure : elle est son propre pilier.
Une leçon de dignité et d’espoir
Son histoire personnelle est marquée par une séparation. Un mariage qui n’a pas tenu. Mais au lieu de sombrer ou de dépendre des autres, elle fait un choix
« Pour vivre avec mes enfants, au lieu de quémander ou de faire n’importe quoi, on m’a proposé de faire le taxi. J’ai accepté. », renchérit-elle.
Ruth Kutemba / Lubumbashi
