Nicole IMINA PEZO est une femme entrepreneure. Elle commercialise différents produits sur le campus de l’Université de Lubumbashi, principalement à la Faculté des Lettres et Sciences humaines, où elle exerce depuis près de dix ans. Une activité qu’elle pratique depuis l’école de troisième primaire.
La Radio de la Femme l’a rencontrée ce samedi 24 janvier 2026, en plein exercice de son métier, entourée de ses clients, majoritairement des étudiantes et étudiants. Sans hésitation, elle a accepté de nous raconter son parcours.
Un don hérité de la famille
Nicole IMINA PEZO vend plusieurs articles, notamment des biscuits, des objets classiques comme les cahiers, des bonbons, des beignets, du chikwangue ainsi que des friperies.
« J’exerce cette activité depuis l’école de troisième primaire. C’est inné, j’ai hérité cela de ma famille », confie-t-elle.
Elle explique que dans sa famille, chacun apprend à voler de ses propres ailes. L’indépendance financière y est fortement encouragée. Dès son bas âge, Nicole a appris à économiser de l’argent et à entreprendre.
Une activité qui lui a permis de réaliser de grands projets
Mère de famille, Mme IMINA PEZO affirme que son activité lui permet de joindre les deux bouts du mois. Grâce à ce commerce, elle a pu concrétiser plusieurs projets importants.
« Je scolarise mes enfants avec mon propre argent, j’ai déjà acheté des parcelles et je parviens à subvenir à plusieurs de mes besoins », explique-t-elle.
Aujourd’hui, Nicole se dit fière de ne pas être une charge pour les membres de sa famille. Mieux encore, son activité lui permet également de venir en aide à ses proches. Elle nourrit cependant encore de grandes ambitions.
« J’ai beaucoup de projets : élargir mon champ d’activité, voyager, faire de grands commerces, diversifier mes articles, me rendre à l’étranger pour le business et devenir une grande femme d’affaires. J’y parviendrai par la grâce de Dieu », dit-elle en souriant.
Un message fort aux femmes financièrement dépendantes
Nicole IMINA PEZO adresse un message clair aux femmes qui dépendent entièrement financièrement de leurs maris et qui n’ont pas la volonté d’entreprendre. Elle les invite à penser à l’avenir et non uniquement au présent.
Dans la vie, explique-t-elle, tout peut arriver : la perte d’un époux, une situation qui fragilise profondément les femmes, au point que certaines se retrouvent même dépossédées de l’héritage de leurs défunts maris. Face à cette réalité, son message est sans détour : entreprenez dès maintenant.
Selon elle, de nombreux hommes meurent prématurément à cause des lourdes charges familiales, du stress et du manque de soutien de leurs épouses.
« C’est une situation qui m’énerve de voir les femmes dépendre totalement de leurs maris. Vous allez remarquer que la plupart des hommes meurent à cause de la charge. Lorsqu’un homme est stressé par le travail, traumatisé, et qu’à la maison s’ajoutent les enfants, l’épouse et d’autres problèmes, cela l’affaiblit davantage. C’est dans ces moments qu’il a besoin de sa femme comme soutien », insiste-t-elle.
Parmi les difficultés qu’elle rencontre dans son activité, Nicole évoque certains clients de mauvaise foi qui lui remettent 500 FC et prétendent ensuite avoir donné 5 000 FC. Une situation difficile à gérer, qui l’oblige parfois à accepter des pertes afin de préserver sa clientèle.
Interpellation
« J’encourage les femmes à entreprendre. Ne faites pas mourir vos maris tôt à cause des charges. Aujourd’hui, l’argent que l’on cotise au deuil ne résout presque rien. Cette somme dérisoire ne permet pas de faire grand-chose, et si tu n’étais pas habituée à travailler, il te sera très difficile d’entreprendre. Mais si tu pratiquais déjà, tu ne paniqueras pas. La répétition est la mère de la science. Ton mari peut perdre son emploi, comment feras-tu pour surmonter cela ? », s’interroge-t-elle.
Elle conclut en rappelant un passage biblique : « La Bible dit que les désirs de la femme se tourneront vers son mari, mais tu es son semblable. Il faut l’aider de son vivant. Que Dieu me donne un grand cœur pour surmonter toutes les difficultés et aimer mon prochain.»
Ruth Kutemba/Lubumbashi



