Le parcours de Joëlla Mujijima Buhendwa, Alumni de l’Université Catholique de Bukavu (UCB), est bien plus qu’une réussite académique. C’est l’histoire d’une révolution verte née à Bukavu, portée par une jeune femme qui a su transformer les défis environnementaux et sociaux en opportunités durables, locales et inclusives.
2007 – 2019 : Les racines de la rigueur et de la créativité
Tout commence au Collège Alfajiri, où Joëlla suit l’option Maths-Physique. Elle y développe une solide base scientifique, nourrie par une curiosité qui dépasse très tôt les manuels scolaires. Passionnée par l’environnement et le dessin, elle se forme en design en 2019, une compétence qui deviendra plus tard un atout stratégique pour communiquer, sensibiliser et mobiliser autour de ses idées.
2020 – 2023 : L’éveil d’une leader à l’Université Catholique de Bukavu
En 2020, Joëlla intègre l’UCB en Agronomie, avec une passion particulière pour la production végétale. Mais son engagement ne se limite pas aux salles de cours. Très vite, elle s’impose comme une actrice sociale et citoyenne engagée :
– Web Watcher pour l’UNICEF, où elle lutte contre la désinformation numérique ;
– Spécialiste des données, maîtrisant des outils comme ODK, STATA et SPSS pour appuyer scientifiquement les actions communautaires ;
– Vice-présidente du club U-Report Filles à Bukavu, un espace de mobilisation et de leadership féminin, où elle œuvre pour l’autonomisation des jeunes filles.
2023 : Ambassadrice de la paix et de la cohésion sociale
Son leadership prend une dimension profondément humaine lorsqu’elle est élue Chargée de gestion de la paix à Nyalukemba. Formée par l’UNICEF, Joëlla devient Ambassadrice de la Paix, démontrant que l’agronomie et la science peuvent aussi être des leviers puissants de cohésion sociale et de résilience communautaire.
2024 : AstiFerme et le pari audacieux de « l’or dur »
L’année 2024 marque un tournant décisif. Joëlla se lance dans l’élevage de la Mouche Soldat Noire (MSN). Le défi est immense, notamment face aux préjugés sociaux : « Toi, tu gères des déchets ? Ce n’est pas un travail de femme.»
Sa réponse deviendra emblématique : « Je n’ai pas vu des ordures, j’ai vu de l’or dur. »
Elle fonde alors AstiFerme, une entreprise innovante d’économie circulaire qui transforme les déchets ménagers organiques en :
● Protéines de haute qualité pour l’alimentation animale,
● Engrais organiques (frass),
●Huile à usage cosmétique.
A travers AstiFerme, Joëlla lutte contre l’insalubrité urbaine, réduit la dépendance aux importations, limite les émissions de gaz à effet de serre et crée des emplois verts, notamment pour les jeunes et les femmes.
2025 : La consécration internationale
En 2025, Joëlla achève son Master en Agronomie à l’UCB, avec une recherche innovante consacrée à la Mouche Soldat Noire, prouvant qu’il est possible d’être à la fois chercheuse et cheffe d’entreprise.
La même année, son travail est reconnu sur la scène mondiale. En novembre 2025, lors du prestigieux salon AGRITECHNICA en Allemagne, elle remporte la 1ère place mondiale du “Women in Ag Award” (catégorie Farming), décerné par la DLG et le Women in Ag Magazine, parmi plus de 150 candidates internationales.
Ce prix consacre l’impact de son initiative sur la sécurité alimentaire, la durabilité environnementale et la dignité humaine.
Aujourd’hui, Joëlla Buhendwa est fondatrice et CEO d’AstiFerme, formatrice de formateurs, et a déjà encadré plus de 300 jeunes. Sa conviction est claire « Travailler avec les déchets n’est pas honteux, c’est un acte d’amour pour ma communauté.»
À travers la consultance, la formation et la production durable, elle incarne une nouvelle génération d’alumni de l’UCB, capables d’allier rigueur scientifique, innovation entrepreneuriale et engagement social.
En transformant l’ordure en « or dur », Joëlla Buhendwa envoie un message fort : le développement de l’Afrique passera par des solutions locales, inclusives et respectueuses de l’environnement.
Portrait tiré de l’UCB


