Quelques heures après avoir présenté devant le corps diplomatique accrédité au pays les lignes rouges pour la tenue d’un quelconque dialogue national en République démocratique du Congo, le Chef de l’État Félix Tshisekedi vient d’être saisi par un mouvement politique.
A travers une correspondance dont copie est parvenue à notre rédaction ce dimanche 01 février, le Front Anti-Dialogue, à travers son Coordonnateur national Dieudonné Nkishi présente au Président de la République, ses exigences citoyennes avant toute convocation du dialogue.
Ci-dessous l’intégralité de la lettre :
Objet : Communication des exigences citoyennes du Front Anti-Dialogue relativement à toute éventuelle convocation d’un Dialogue national
Excellence Monsieur le Président de la République,
Le Front Anti-Dialogue, regroupement citoyen et patriotique attaché à la sauvegarde de la souveraineté populaire, à la défense de la Constitution ainsi qu’à la protection de la dignité du Peuple congolais, a l’honneur de vous adresser la présente lettre à la suite de votre message des vœux présenté aux Ambassadeurs et Chefs de Missions diplomatiques accrédités en République Démocratique du Congo, dans lequel vous avez exprimé une position claire sur la question du Dialogue et sur les perspectives politiques du pays.
Excellence Monsieur le Président de la République
Notre démarche n’est ni polémique, ni partisane. Elle est un acte de vigilance républicaine au nom du Peuple souverain, auquel la Constitution _(que nous n’avons jamais soutenue mais dont nous parlons parce que c’est elle qui régit actuellement notre pays)_ reconnaît la titularité originelle du pouvoir. Il est de notre devoir de rappeler que l’histoire politique récente de notre pays a démontré que les processus de dialogue, lorsqu’ils sont conduits dans l’opacité, peuvent devenir des instruments de contournement de la volonté populaire, de marchandage institutionnel ou de légitimation de compromis extra-constitutionnels.
C’est dans cet esprit que, si les Institutions de la République venaient à convoquer ou à organiser un quelconque dialogue, le Front Anti-Dialogue tient, par la présente, à porter à votre haute connaissance trois exigences fondamentales, considérées comme conditions minimales et non négociables de crédibilité, de transparence et de légitimité
I. Première exigence : publication préalable des cahiers de charges de toutes les parties qui réclament le dialogue
Excellence Monsieur le Président de la République,
Le Front Anti-Dialogue exige que toute organisation, personnalité ou composante réclamant ou sollicitant un dialogue national — politique, social ou institutionnel — soit tenue, avant l’ouverture des travaux, de rendre publics :
• son cahier de charges,
• ses revendications détaillées,
• ses objectifs politiques et institutionnels
• ainsi que son agenda réel,
afin de permettre au Peuple congolais :
• de savoir qui revendique quoi,
• de discerner les motivations réelles de chaque partie
• et d’empêcher que le dialogue ne devienne un lieu de revendications cachées, de transactions privées ou de marchandages au détriment de la Nation
Cette exigence est fondée sur le devoir de transparence, l’obligation d’honnêteté politique et le respect dû au Peuple souverain, au nom duquel tout dialogue serait prétendument organisé
II. Deuxième exigence : retransmission en direct et intégrale de tous les travaux du dialogue
Excellence Monsieur le Président de la République,
Le Front Anti-Dialogue exige que tous les travaux du dialogue soient retransmis en direct, de manière continue et intégrale:
• sur les médias publics nationaux,
• sur les plateformes numériques officielles,
• et via tout mécanisme technique permettant un accès libre du peuple souverain
Cette retransmission doit couvrir :
• les séances plénières,
• les sous-commissions,
• les débats, propositions, amendements, votes et signatures éventuelles,
• ainsi que la lecture finale de toutes résolutions
L’objectif est clair : le Peuple congolais doit être témoin.
Le peuple doit voir, entendre, comprendre :
• ce qui se dit,
• qui le dit,
• pourquoi,
• et dans quel but.
Car un dialogue mené sans visibilité publique serait inévitablement perçu comme une tentative de confiscation de la parole nationale, susceptible d’entacher votre autorité morale, de nourrir les suspicions et d’alimenter les tensions.
III. Troisième exigence : transmission obligatoire des résolutions au Parlement et à la Cour Constitutionnelle
Excellence Monsieur le Président de la République
Le Front Anti-Dialogue exige que toutes résolutions, recommandations, conclusions et actes issus du Dialogue — si jamais celui-ci venait à se tenir— soient immédiatement transmises :
1. au Parlement, afin qu’il en apprécie la portée au regard de l’intérêt général et de la volonté populaire, et qu’il puisse les examiner selon les mécanismes institutionnels ordinaires ;
2. à la Cour Constitutionnelle, afin que celle-ci vérifie rigoureusement la conformité de ces résolutions à :
• la Constitution,
• les lois de la République,
• ainsi qu’au principe fondamental de souveraineté populaire.
Cette exigence vise à éviter que le dialogue ne produise des actes de nature à :
• modifier l’équilibre institutionnel sans base constitutionnelle,
• créer des mécanismes de transition ou d’exception,
• ou imposer des arrangements politiques échappant au contrôle des institutions régulièrement établies.
Conclusion
Excellence Monsieur le Président de la République
Le *Front Anti-Dialogue* vous rappelle que ces exigences constituent un *socle minimal* pour empêcher que le dialogue ne devienne une nouvelle source de crise et de contestation. Elles traduisent une position ferme : la République ne se négocie pas dans le secret, et la souveraineté du peuple ne peut être diluée dans des arrangements obscurs.
En conséquence, nous vous demandons respectueusement, mais avec la gravité républicaine requise :
• d’intégrer officiellement ces exigences dans toute réflexion institutionnelle relative au dialogue ;
• et de veiller, en tant que Garant du bon fonctionnement des institutions, à ce que le Peuple congolais soit le premier bénéficiaire, le premier arbitre et le premier témoin de toute initiative nationale engageant son destin.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
Pour le Front Anti-Dialogue
Le Coordonnateur National, Dieudonné NKISHI
