Dans une analyse critique de l’ordre institutionnel actuel de la République démocratique du Congo, Dieudonné Nkishi, enseignant d’universités et président national du parti Congo Positif, appelle à un changement profond de la Constitution congolaise, estimant que le texte fondamental en vigueur ne répond plus aux aspirations réelles du peuple.
Selon lui, la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006 serait essentiellement « une Constitution des politiciens et des belligérants ». Dans son analyse parvenue à la rédaction de la Radiodelafemme.net ce jeudi 05 février, ce cadre constitutionnel favoriserait une logique de partitocratie et de patrimonialisme, où les partis politiques et les acteurs issus des anciens conflits domineraient l’espace institutionnel et politique.
Pour Dieudonné Nkishi, cette situation entretient une culture politique où tout se négocie entre élites politiques, parfois au détriment des mandats confiés par le peuple à ses représentants depuis plus de deux décennies. Il estime que ce système contribue à éloigner l’État des citoyens et à renforcer la mainmise des partis politiques sur les institutions de la République.
Cet acteur politique insiste sur la nécessité de rompre avec l’ordre politique actuel. À ses yeux, changer la Constitution ne signifie pas simplement la modifier, mais instaurer un nouvel esprit constitutionnel. Ce changement devrait, selon lui, définir un nouvel objectif pour l’État, repenser les paradigmes institutionnels et adopter une approche renouvelée des droits et libertés fondamentaux.
« Nous voulons une République des citoyens et non une République des politiciens », soutient-il, appelant à un modèle institutionnel où la souveraineté populaire serait réellement au centre du fonctionnement de l’État.
Dieudonné Nkishi met également en garde contre les analyses superficielles dans un domaine qu’il considère hautement technique. Comparant la réflexion constitutionnelle à un diagnostic médical, il estime que seuls les spécialistes maîtrisant les enjeux juridiques et institutionnels peuvent proposer des solutions adaptées.
Pour lui, s’aventurer à minimiser l’expertise des constitutionnalistes reviendrait à désorienter l’opinion publique et à compromettre l’avenir de l’État, à l’image d’un malade dont le traitement serait perturbé par des avis non qualifiés.
À travers cette prise de position, le président du parti Congo Positif relance ainsi le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC et sur la pertinence d’une réforme constitutionnelle en profondeur afin de construire un système politique davantage centré sur les citoyens.
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