La Première Ministre, Judith Suminwa, a lancé lundi dernier le Programme régional d’appui au développement des infrastructures et de valorisation des ressources en eau transfrontalière entre la République démocratique du Congo et la République centrafricaine (PREDIRE).
Ce programme régional vise la mise en valeur des ressources en eau de la rivière Ubangui afin de soutenir l’essor socioéconomique des populations riveraines du bassin Congo–Ubangi–Sangha. Il s’inscrit dans les priorités du Programme d’Actions du Gouvernement 2024–2028, qui fait du développement rural et de l’agriculture des piliers stratégiques.
Dans son allocution, la Cheffe du Gouvernement a réaffirmé la volonté politique de l’Exécutif d’investir massivement dans les secteurs porteurs de croissance inclusive.
« Le budget alloué au Développement rural et à l’Agriculture pour l’exercice 2026 avoisine près de 10 %. Ceci témoigne de la ferme volonté politique de matérialiser la vision du Chef de l’État et de focaliser l’action du Gouvernement vers la mise en place d’un programme d’infrastructures socioéconomiques de base et d’accompagnement des populations rurales », a déclaré Judith Suminwa.
Elle a souligné que cette orientation budgétaire vise la revitalisation durable du monde rural congolais, en cohérence avec l’ambition de bâtir une économie plus diversifiée et compétitive.
La Première Ministre a salué l’implication des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds de l’OPEP pour le développement international, qui ont uni leurs efforts en vue de soutenir le développement des milieux ruraux et périurbains des provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et de la Mongala dans le cadre du PREDIRE.
Selon la Cheffe du Gouvernement, ce programme renforcera l’ambition de construire « un État plus uni et mieux sécurisé, une économie plus diversifiée et compétitive, ainsi qu’une société plus juste », dans une dynamique de paix et d’intégration régionale avec les pays voisins du bassin.
Pour sa part, le Ministre du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, a indiqué que le programme bénéficiera directement à environ 2 407 400 personnes, dont 51 % de femmes.
Le projet devrait générer près de 3 400 emplois, parmi lesquels 1 200 permanents, grâce aux travaux d’infrastructures, aux formations entrepreneuriales destinées aux femmes et aux jeunes, ainsi qu’au développement des services d’eau, d’assainissement et de navigation.
Les études de faisabilité confirment par ailleurs des retombées économiques positives significatives aux niveaux local, national et régional.
Concrètement, le PREDIRE prévoit :
• la construction d’une station de traitement d’eau à Gbadolite, d’une capacité de 2 000 m³/heure, accompagnée d’un réseau d’adduction et de distribution ainsi que des bâtiments connexes pour la REGIDESO ;
• l’installation de systèmes d’alimentation en eau potable à énergie solaire dans les localités de Mobaye Mbongo, Bige Nord, Fiwa, Kota-Koli, Yakoma, Abuzi et Wapinda, dans le Nord-Ubangi ;
• la réalisation d’études pour le transfert d’eau depuis l’Oubangui en vue de l’irrigation de périmètres hydroagricoles dans les provinces du Nord et du Sud-Ubangi.
Notons qu’en République démocratique du Congo, la mise en œuvre du programme est assurée par le ministère du Développement rural à travers le Projet PRISE II et son Unité de gestion. La Commission internationale du bassin Congo-Ubangi-Sangha (CICOS) constitue l’agence d’exécution du volet régional, tant en RDC qu’en République centrafricaine.
CELCOM PRIMATURE
