Des élèves filles bénéficiaires du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) ont manifesté ce mercredi 22 avril après avoir été renvoyées des cours pour non-paiement des frais scolaires, censés être assurés ce projet.
Selon plusieurs sources, cette décision fait suite à une position de l’intersyndicale des enseignants, qui réclame le paiement des frais scolaires. Une situation qui crée confusion et frustration chez les élèves concernées.
Dans certaines écoles, la colère s’est vite fait sentir. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des élèves en train de chanter pour exprimer leur mécontentement. C’est le cas à l’Institut Disuminyina, dans la commune de Mabondo.
« On nous avait promis la prise en charge parce que nos parents n’ont pas de moyens. Aujourd’hui, on nous chasse de l’école. Nous voulons juste étudier », a confié une élève finaliste du Lycée Disanka devant le bureau du PAAF.
Dans la société civile, des voix appellent au respect des engagements pris dans le cadre du pprojet. En coulisse, les enseignants exprimeraient également leur ras-le-bol réel.
« Ce n’est pas bien de renvoyer les élèves, mais il faut reconnaître que les enseignants ont déjà alerté depuis longtemps. Si le projet ne peut pas continuer, il faut que les parents soient fixés », a déclaré Mme Sanctifiée Ngalula, activiste des droits des femmes.
Du côté des autorités éducatives, on appelle au calme. Elles assurent que la situation est suivie de près.
« Les autorités provinciales et nationales sont déjà informées. Nous demandons aux élèves de rester calmes, une solution sera trouvée », a indiqué Mme Virginie Alembe, directrice provinciale de l’éducation Kasaï 1.
Pour rappel, le PAAF est financé par la Banque mondiale à hauteur de 400 millions de dollars américains. Il est mis en œuvre dans dix provinces du pays pour une durée de quatre ans, de 2024 à 2028.
Adonis Mbuyi / Correspondant Tshikapa
