La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a accordé au cours de cette semaine une audience au caucus des députés nationaux de Lomami. Conduite par son président, Augustin Mulumba Kanza, la délégation est venue porter la voix d’une province qui se dit « totalement enclavée » et en quête d’un accompagnement accru du Gouvernement central.
À l’issue des échanges, le président du caucus n’a pas mâché ses mots. La Lomami, selon lui, cumule les retards structurels depuis son avènement à la suite du démembrement des provinces du pays.
« Nous sommes une province totalement enclavée. Il fallait aujourd’hui rencontrer la Première Ministre pour lui faire part de nos problèmes », a déclaré Augustin Mulumba Kanza.
Dans son plaidoyer, l’élu a décrit une province aux infrastructures quasi inexistantes : cinq territoires difficiles d’accès, aucune route asphaltée, des ravins béants et un chef-lieu accessible uniquement après une traversée par bac. Une réalité qui freine la circulation des personnes et des biens, limite l’accès aux services sociaux de base et handicape l’activité économique.
Au-delà de l’enclavement, les députés ont évoqué les conséquences patrimoniales du découpage administratif. Selon eux, l’essentiel des infrastructures et des actifs publics serait resté dans l’ancienne province du Kasaï Oriental, laissant la Lomami dans une situation de précarité.
« Tous les patrimoines sont restés dans la province du Kasaï Oriental. Nous sommes venus rappeler à la Première Ministre la quintessence de soutenir notre province », a insisté le président du caucus.
Les élus plaident par ailleurs pour un appui structurant de l’Exécutif national, notamment dans la construction des routes, la réhabilitation des axes prioritaires et le renforcement des capacités administratives.
D’après la délégation, la Cheffe du Gouvernement a prêté une « oreille très attentive » aux doléances exprimées et aurait répondu favorablement aux préoccupations soulevées.
Cette audience traduit néanmoins la volonté affichée par la Première Ministre de maintenir un dialogue direct avec les représentants du peuple, dans un contexte où les provinces issues du démembrement attendent encore les dividendes concrets de la décentralisation.
CELCOM PRIMATURE
