La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a organisé, mercredi 14 janvier, à Kinshasa, une matinée d’échanges et d’information consacrée à la situation sécuritaire nationale, aux arrestations récentes liées à des présumés actes de déstabilisation des institutions de la République, ainsi qu’au respect des droits humains et des garanties procédurales.
Initiée par la CNDH dans le cadre de son mandat constitutionnel et légal, cette rencontre faisait également suite aux saisines de l’institution par des proches, des familles et des avocats de certaines personnes interpellées ou arrêtées, sollicitant son intervention et son suivi dans ces dossiers sensibles.
La matinée a réuni des représentants des missions diplomatiques accréditées en RDC, des organisations nationales et internationales de défense des droits humains, des acteurs de la société civile, ainsi que des institutions invitées à intervenir sur des aspects relevant de leurs compétences.
Dans ce cadre, la CNDH, en tant qu’institution nationale indépendante de promotion et de protection des droits de l’homme, a assuré la facilitation des échanges, dans un esprit de transparence institutionnelle, de dialogue constructif et de respect de l’État de droit.
Le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) a été invité à apporter des éclairages institutionnels sur les enjeux liés aux menaces dans le cyberespace, tandis que les échanges ont permis de rappeler le cadre légal et les principes applicables en matière de sécurité et de droits fondamentaux.
Dans son mot d’ouverture, le Président de la CNDH, M. Paul NSAPU MUKULU, a souligné que la rencontre s’inscrivait dans un contexte sécuritaire particulier, marqué par des interpellations et arrestations de personnes citées dans des présumés complots visant la déstabilisation des institutions de l’État.
Il a relevé que ces développements ont suscité des interrogations légitimes de la part des partenaires, notamment en ce qui concerne le respect des droits humains, des garanties judiciaires et des procédures légales.
« Conformément à son mandat constitutionnel et légal de promotion et de protection des droits de l’homme, la CNDH a jugé opportun d’organiser cette matinée d’échanges, en vertu notamment de l’article 30 de sa loi organique, afin de créer un cadre d’information et de dialogue dans un esprit de transparence institutionnelle », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que la CNDH avait été saisie par les proches, les familles et les avocats de certaines personnes interpellées, ce qui a renforcé la nécessité pour l’institution d’exercer pleinement son rôle de suivi et de veille en matière de droits humains.
Intervenant au cours des échanges, le représentant du Conseil National de Cyberdéfense (CNC), Me Prosper NTETIKA, a présenté les missions et attributions de cet organe rattaché à la Présidence de la République.
Créé en août 2023, le CNC a pour mission principale d’anticiper et de répondre aux menaces dans le cyberespace, de coordonner les activités liées à la cyber sécurité et à la cyberdéfense, et d’apporter un appui technique aux organes judiciaires compétents.
Il a rappelé que la RDC fait face, depuis plusieurs décennies, à des défis sécuritaires majeurs, ce qui justifie le renforcement des mécanismes technologiques de prévention et de protection des institutions de l’État.
Tout en soulignant le rôle d’appui du CNC, Me NTETIKA a tenu à préciser que celui-ci ne se substitue ni aux cours et tribunaux, ni aux parquets civils ou militaires.
« Le CNC intervient comme un expert technique, en appui aux organes judiciaires, notamment dans le traitement des infractions commises à travers le cyberespace », a-t-il expliqué.
La matinée s’est poursuivie par une session d’échanges et de questions-réponses, facilitée par la CNDH, permettant aux participants de poser des questions, de formuler des préoccupations et de recevoir des éclairages institutionnels.
À travers cette initiative, la CNDH a réaffirmé son engagement à promouvoir le dialogue avec les partenaires, à veiller au respect des droits humains et à renforcer la confiance autour de son rôle, y compris dans un contexte sécuritaire sensible.
Presse / CNDH
