En marge de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) à New York, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a dénoncé l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre dans l’Est du pays, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante liée aux activités de la rébellion AFC/M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda.
Lors d’un événement parallèle organisé conjointement avec le gouvernement de Ukraine, la cheffe du gouvernement congolais a souligné que la guerre qui frappe l’Est de la RDC ne se limite pas aux combats armés. « Elle se déroule aussi sur le corps des femmes, des filles et des enfants », a-t-elle déclaré, dénonçant des violences utilisées comme instruments de terreur, d’humiliation et de domination.
S’appuyant notamment sur le Rapport Mapping des Nations Unies, elle a rappelé l’ampleur des crimes documentés depuis plusieurs décennies. Selon les données de UNICEF, les violences sexuelles contre les enfants auraient triplé depuis janvier 2025 dans les zones touchées par le conflit.
Face à cette situation, le gouvernement congolais affirme renforcer sa réponse à travers plusieurs réformes visant la lutte contre l’impunité et la prise en charge des victimes. Sous l’impulsion du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Kinshasa met notamment en œuvre la réforme de la justice, la numérisation des dossiers judiciaires et des mécanismes de réparation pour les victimes.
Parmi les initiatives évoquées figurent le Plan national d’action sur la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, adopté en 2025 pour renforcer la protection des femmes dans les conflits, ainsi que le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV). Ce mécanisme vise à passer d’une assistance humanitaire ponctuelle à une politique durable de réparation et de justice pour les victimes.
Consciente de l’ampleur des défis, la Première ministre a appelé à une mobilisation internationale accrue, soulignant que la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits nécessite solidarité, financement et volonté politique. « Ces violences ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de l’impunité, et l’impunité est un choix que la communauté internationale peut décider de ne plus tolérer », a-t-elle affirmé.
En mission à New York depuis le 9 mars dans le cadre des activités liées à la Journée internationale des droits des femmes, Judith Suminwa Tuluka poursuit son plaidoyer sur la scène internationale pour dénoncer l’agression dont la RDC dit être victime et appeler à des sanctions ciblées contre les responsables.
