Lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 15 avril 2026 au siège de l’ONU, Sima Bahous, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive de ONU Femmes, a lancé un appel pressant en faveur d’une représentation équitable et significative des femmes dans les efforts de consolidation de la paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.
Dans son intervention, elle a souligné que la présence accrue des femmes dans les institutions politiques, notamment au Parlement ou au sein des gouvernements, ne suffit pas à garantir leur participation effective aux décisions liées à la paix et à la sécurité. Bien que des avancées aient été observées, notamment avec la nomination de femmes parmi les facilitateurs du processus de paix de l’Union africaine, elle a regretté que les accords récents, notamment ceux conclus à Washington, ne prennent pas suffisamment en compte les enjeux liés au genre, y compris les violences sexuelles, pourtant au cœur du conflit.
La cheffe d’ONU Femmes a également insisté sur la nécessité de préserver le mandat de la MONUSCO, la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC. Elle a rappelé le rôle crucial joué par les Casques bleus dans la protection des civils, en particulier des femmes et des défenseuses des droits humains. Elle a notamment évoqué les centaines de poursuites judiciaires engagées contre les auteurs de violences liées aux conflits, ainsi que le soutien apporté aux initiatives locales de paix, notamment en Ituri entre les communautés Hema et Lendu.
Cependant, Sima Bahous a mis en garde contre les conséquences d’un affaiblissement de cette mission. Elle a évoqué les menaces constantes signalées par près de 60 % des défenseuses des droits humains au Nord-Kivu, ainsi que les chiffres alarmants rapportés par Médecins Sans Frontières, faisant état de 28 000 cas de violences sexuelles et basées sur le genre au cours du premier semestre de l’année précédente. Elle a également déploré l’absence actuelle de conseillère principale pour la protection des femmes au sein de la mission, ainsi que l’affaiblissement de son unité genre.
Enfin, elle a appelé le Conseil de sécurité à soutenir davantage les organisations de la société civile dirigées par des femmes, qu’elle considère comme des actrices essentielles, bien que souvent invisibilisées, dans la consolidation de la paix. Ces organisations jouent également un rôle clé dans la défense de l’espace civique et des droits humains, particulièrement dans un contexte marqué par une érosion démocratique préoccupante dans la région.
Pour Sima Bahous, investir dans le leadership féminin et soutenir les initiatives portées par les femmes constitue une stratégie non seulement plus inclusive, mais aussi plus efficace et moins coûteuse que les approches strictement sécuritaires.
