La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, poursuit son plaidoyer à New York en faveur de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. En séjour aux États-Unis depuis lundi, dans le cadre du mois des droits des femmes, elle a participé au déjeuner offert par le Président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr., et a également rencontré la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, pour évoquer la question des droits des femmes dans son pays.
Devant Pramila Patten, la Première Ministre Judith Suminwa a décrié les violences faites aux femmes congolaises dans l’Est du pays depuis plusieurs décennies, violences accentuées suite à l’occupation illégale du Rwanda et de ses supplétifs du M23/AFC.
Les deux personnalités ont également passé en revue l’amélioration de la condition des femmes et des filles face aux violences en RDCongo. Elles ont constaté des évolutions notables, mais en rélevant les défis qui restent surtout dans la partie Est où le nombre de victimes de violences sexuelles est en augmentation à cause de la crise sécuritaire. Les deux parties ont relevé la nécessité de poursuivre la sensibilisation sur ces violences.
La Première Ministre, s’exprimant lors d’une interview accordée aux médias, a affirmé qu’il est temps que la communauté internationale respecte ses engagements en appliquant toutes les sanctions afin de mettre fin à ces atrocités, et que les auteurs de ces actes odieux soient mis devant leurs responsabilités.
« Il est tout à fait inadmissible que nous puissions accepter, alors que nous nous positionnons pour lutter contre ces violences, que des pays qui commettent ces violences faites à la femme occupent des positions de décision dans certains organes des Nations Unies », s’est indignée Judith Suminwa.
La Cheffe du Gouvernement appelle donc à des sanctions contre les pays qui commettent ce type de violences : « Il faut que la justice fonctionne, il faut que des sanctions soient prises, il faut que les femmes qui subissent ces violences aient accès à la justice… Chez nous, nous avons commencé ce processus avec notamment le FONAREV, mais les pays ou les groupes armés qui commettent ces exactions doivent également être sanctionnés », a-t-elle insisté.
Pour cette JIF 2026, la Cheffe de l’Exécutif central congolais a annoncé que les discussions portent aussi sur la possibilité de lutter contre toutes les violences faites à la femme et les violences basées sur le genre, afin d’apporter une réponse intégrée et cohérente à ce combat.
« Il faut que tous ces pays puissent s’aligner et être cohérents avec les positions que nous prenons et les décisions qui sont actées. Bien entendu, nous les attendons vivement. Nous continuons à les solliciter à chaque fois que nous sommes en contact avec nos partenaires », a-t-elle déclaré.
La Première Ministre Suminwa a également évoqué l’engagement de son pays dans la défense des droits et la promotion des femmes et des filles consacrés par la loi fondamentale ainsi que les victoires remportées sur les plans politique et professionnel.
« Notre Constitution, dans son article 14, parle de la parité, mais cette parité est un processus. Nous avons aussi le Code de la famille qui a été modifié : les femmes n’ont plus besoin de l’autorisation maritale pour travailler. Avec l’arrivée du Président Félix-Antoine Tshisekedi, nous avons vu la nomination d’une femme Première Ministre, et le taux de femmes au sein du Gouvernement a augmenté. Nous étions à 21 % en 2021, aujourd’hui nous sommes à 32 %. C’est une victoire », a-t-elle précisé.
Dans la matinée de mardi, la Cheffe du Gouvernement congolais avait pris part au déjeuner organisé par le Président des Philippines. En effet, l’Etat philippin veut compter sur le soutien du Gouvernement de la République Démocratique du Congo à sa candidature prochaine comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
Lors de cette rencontre, la Première Ministre a également abordé les enjeux liés à la protection des femmes et des enfants en zone de conflit.
La RD Congo est déterminée à faire entendre sa voix sur la problématique des violences faites aux femmes pour que justice soit rendue aux victimes et leur permettre de se reconstruire à travers ce processus de réparation. Dans le deuxième pilier de son Programme d’actions, le Gouvernement Suminwa met un point d’honneur sur les mécanismes de justice transitionnelle, dont les poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes les plus graves.
CELCOM PRIMATURE
