Dans le paysage médiatique congolais, certaines femmes incarnent à la fois la rigueur professionnelle, la résilience personnelle et l’engagement social. Nanaouche Ngalula fait partie de ces figures dont le parcours force l’admiration.
Journaliste chevronnée, directrice provinciale de l’Agence Congolaise de Presse (ACP) au Kasaï et coordinatrice provinciale de la plateforme «Appui aux Projets des Actions Sociales (APAS)», elle s’impose aujourd’hui comme une plume crédible de l’information publique et une actrice engagée de l’humanitaire.
Des racines royales à une vocation de service
Première fille d’une grande famille royale du groupement de Malu Malu, Bena Mbiye, dans le secteur de l’Entre-Kasaï Kabambayi, territoire de Tshikapa au Kasaï, Nanouche Ngalula grandit dans un environnement où la responsabilité et le sens du devoir sont des valeurs cardinales.
Fille d’un père cadre dans la société SOSAGEK, spécialisée dans l’assainissement de l’eau, son enfance est marquée par les déplacements à travers le pays, une expérience qui forge très tôt son ouverture d’esprit et sa capacité d’adaptation.
De Kikwit à Luebo, de Lubumbashi à Kinshasa, en passant par le Bas-Congo, son parcours scolaire est riche et pluriel.

Elle effectue ses premières années à l’école Belge, puis poursuit son cursus primaire et secondaire dans plusieurs provinces, développant ainsi une connaissance profonde des réalités congolaises.
Du rêve d’hôtesse à la passion du journalisme
Avant d’embrasser le journalisme, Nanouche Ngalula nourrit un rêve : celui de devenir hôtesse de l’air. Après ses études secondaires, elle travaille successivement avec Kenya Airways, Ethiopian Airlines, Cameroon Airlines, etc.
Une expérience professionnelle internationale qui lui apprend la discipline, la rigueur et le sens du service. Mais le destin en décide autrement. En embrassant les études universitaires, elle s’inspire de grandes figures féminines de la presse, dont Chantal Kayimbu, Wivine Matanda, Geneviève Inagosi et Wivine Moleka.
Elle s’inscrit à l’IFASIC (actuellement UNISIC), où elle obtient une licence en journalisme d’organisation, puis une licence en sciences sociales.
La presse écrite comme terrain de combat
Après son mariage, certaines contraintes personnelles l’éloignent de l’audiovisuel. Loin de renoncer, Nanouche choisira la presse écrite, un choix douloureux, mais révélateur dans les prochaines années car en 2012, elle entame un stage professionnel à l’Agence Congolaise de Presse (ACP).

Là, une rencontre décisive marque sa carrière : Geneviève Inagossi, qui devient son mentor. Grâce à son encadrement, Nanouche affine son écriture, consolide son éthique professionnelle et s’impose progressivement dans la maison.
Elle gravit tous les échelons, Rédacteur principal, CBA1, CBA2, Chef de bureau. Affectée au desk Sciences, Santé et Environnement à l’abattoir de Kinshasa, elle se spécialise dans les questions environnementales, un domaine qu’elle couvrira avec expertise pendant cinq ans.
De 2019 à 2024, elle est affectée à l’Assemblée nationale, où elle assure au nom de l’ACP, la couverture des activités parlementaires, un travail exigeant qui requiert rigueur, neutralité et sens aigu de l’information d’intérêt public.
Journaliste et humanitaire : un double engagement
Parallèlement à sa carrière journalistique, Nanouche Ngalula s’engage très tôt dans l’humanitaire. Depuis 2013, elle travaille aux côtés de Mme Julienne Lusenge dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
Profondément marquée par les atrocités liées au phénomène Kamuina Nsapu, elle décide en 2017 de créer sa propre structure afin d’apporter un soutien concret aux familles victimes.
Aujourd’hui, à travers APAS, elle coordonne des actions sociales en faveur des femmes, des enfants et des communautés vulnérables, convaincue que l’information et l’action humanitaire sont deux leviers complémentaires du développement.
Un message aux jeunes filles : croire, persévérer, s’imposer.
À partir de son parcours, Nanouche Ngalula La Vie adresse un message fort aux jeunes filles congolaises « Peu importe vos obstacles, ne renoncez jamais à vos rêves. Le savoir et la persévérance sont vos forces. Osez apprendre, travailler et vous relever. La femme a le pouvoir de transformer la société. »
Aujourd’hui, alors qu’elle prépare un troisième cycle universitaire pour devenir professeure, Nanouche Ngalula reste un exemple vivant de détermination, de service public et de solidarité.
Adonis Mbuyi, Tshikapa

